De la thérapie au plaisir: au fil des ateliers, le chemin parcouru - Anne-Léonore
De la thérapie au plaisir: au fil des ateliers, le chemin parcouru
Allez, je me lance. C'est l'un de ces jours où l'on sent que le moment est arrivé de tenter le coup. C'est un appel qui vient de l'intérieur auquel on a envie de répondre par la positive. Le rendez-vous est pris et le jour du premier atelier arrive. Je me félicite d'avoir fait le premier pas. Comme dans une rencontre romantique, je pense "ça passe ou ça casse".
Il m'aura fallu courage, curiosité et une envie qui montait des tripes pour surmonter mon appréhension et aller vers ce que j'espérais allait se révéler être une expérience transformatrice: une reconnection à mon moi profond et le retour vers un état créatif. Premier atelier. Je suis impressionnée par le talent des femmes qui m'entourent. J'entend crier du fond de mon mental "et moi, serai-je à la hauteur"? Vient l'exercise collectif: un nouveau mot toutes les 30 secondes à intégrer dans un texte. Et mon mental repart "c'est quoi ce truc de dingue"? Pendant quelques instants, mon esprit balance entre défaitisme et fuite mais je décide de faire face. Pas de retour en arrière possible. Et je m'atèle à cet exercise d'écriture collectif. C'est alors qu'un phénomène survient: une forme de lâcher prise du mental. J'écris sans réfléchir. Je n'ai pas le temps de me relire ni de remettre en question chaque phrase que j'écris. Et ça marche. Un déclic.
La page blanche, c'est se retrouver face à soi-même, et c'est éminemment thérapeutique. Je ferme mes yeux et je regarde vers l'intérieur. Je détourne mon attention du bruit extérieur et je me fais confiance. J'entraîne ma capacité à être bienveillante bien que mon esprit critique ne soit jamais très loin. Je progresse, l'inspiration est parfois au rendez-vous m'amenant à vivre des moments où le temps s'arrête absorbée par l'envie d'écrire. Ce faisant, j'ai l'impression de toucher à une certaine sécurité intérieure. Je passe du 'on' au 'je'. C'est une manière de prendre sa place et d'exister.
Je me réjouis maintenant de retrouver mes soeurs d'écriture et de prendre plaisir à jouer avec les mots. C'est l'esprit d'écriture (merci Tamara) qui distille douceur, encouragement et sécurité aux membres de cette sororité. C'est bien plus qu'une expérience individuelle, et si je suis allée aussi loin sur ce chemin c'est aussi grâce à l'écoute bienveillantes des femmes qui m'y ont accompagnée. Alors, merci.
Anne-Léonore